Unités de Gagetown : plus occupées que jamais

Article / Le 6 juin 2018 / Numéro de projet : 18-0182

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Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

Oromocto (Nouveau-Brunswick) — Cette anecdote du capitaine Matt Bernhardt illustre bien le rythme des activités à son unité, le 4e Régiment d’artillerie (Appui général), Artillerie royale canadienne (4 Régt [AG]) : « De juillet à décembre l’an dernier, je n’ai pas été à la maison pendant plus de deux semaines consécutives. Ma dernière facture d’eau s’élevait à 15 $. »

Le 4 Régt (AG) est l’une des deux unités de la Base de soutien de la 5e Division du Canada (BS 5 Div CA) Gagetown, au Nouveau-Brunswick, qui fournissent des capacités uniques grandement en demande à l’échelle de l’Armée canadienne (AC).

La plupart des unités de l’AC ne passent qu’une année au niveau de préparation élevé (c’est-à-dire qu’elles doivent être prêtes à se déployer au pays ou à l’étranger à court préavis), avant d’entrer en période de repos et d’entreprendre un nouveau cycle d’instruction menant au niveau de préparation élevé.

En raison de la particularité des capacités qu’ils fournissent, et des pénuries d’effectifs qui sévissent à la grandeur de l’AC, le 4 Régt (AG) et le 4e Régiment d’appui du génie (4 RAG) doivent toutefois conjuguer avec un rythme opérationnel élevé en tout temps, tellement la demande est grande.

« Toutes nos batteries effectuent le cycle de préparation élevée une fois par année, ce qui signifie que, à tout moment, chacune des phases du cycle est occupée par l’une d’elles », explique le Capt Bernhardt.

Il souligne que, à l’heure actuelle, le 4 Régt (AG) fournit du personnel pour le Groupement tactique de présence avancée renforcée (PAR) de l’AC en Lettonie. On procèdera cet été au remplacement de la plupart des troupes présentement dans ce pays, sauf pour les membres du 4 Régt (AG), qui demeureront sur place.

L’unité assure la coordination des tirs interarmées durant les opérations, ce qui signifie qu’elle joue le rôle d’un carrefour d’information veillant à ce que les forces amies ne se pilent pas sur les pieds et que les ressources soient attribuées efficacement.

« Nous coordonnons tout au fur et à mesure; nous recueillons l’information et menons nos opérations de minute en minute, d’heure en heure, explique le Capt Bernhardt. Si des soldats commencent à manquer de munitions, nous leur en envoyons. Si quelque chose se passe quelque part, nous envoyons des ressources. Si l’ennemi vient vers vous à tel ou tel endroit, nous fournirons des ressources vers ce flanc pour accroître vos forces. »

Le 4 Régt (AG) est la seule unité de l’AC à posséder une capacité de radar à moyenne portée (RMP). Acquis à la fin de 2017, ce puissant outil permet de détecter les sources de tirs ennemis indirects (grenades propulsées par fusée, mortiers, roquettes et autres munitions tirées sans ligne de visée directe sur la cible) et de surveiller les activités aéroportées dans l’espace de combat.

Cette unité est également la seule au sein de l’AC à être équipée du véhicule aérien sans pilote (UAV) Blackjack, un drone de reconnaissance et de surveillance non armée, et à être formée pour l’utiliser.

« S’il y a une chose que j’ai apprise au fil des ans, c’est que tout le monde veut des images captées par UAV et fera des pieds et des mains pour en obtenir. Les opérateurs de l’UAV seront donc extrêmement occupés », souligne le Capt Bernhardt.

Le capitaine Duncan Cornish, commandant adjoint du 4 RAG, indique que les tâches de son régiment vont bien au-delà de celles d’un régiment du génie de combat.

« Nous sommes les experts de l’Armée en matière d’ouverture de théâtre. Nous sommes les bâtisseurs de camps. Les régiments du génie de combat ne font pas ça, il s’agit d’une tâche très particulière », explique-t-il.

Le 4 RAG offre également des capacités de lutte contre les dispositifs explosifs de circonstance pour assurer la sécurité de l’environnement avant le début de la construction d’un camp. Au moment d’écrire ces lignes, le régiment avait également la désignation d’unité d’intervention immédiate (UII).

« À l’heure actuelle, certains d’entre nous sont assujettis à un préavis de mouvement de 8 heures et d’autres, à un préavis de mouvement de 12 heures. Pour le reste de l’unité, c’est 24 heures. Et c’est ainsi depuis des mois », fait remarquer le Capt Cornish.

« Cette situation a une incidence sur notre cadence, sur les plans de congé et sur la liberté de mouvement que nous pouvons accorder à nos membres, poursuit-il. Chaque fois que quelqu’un part, nous devons nous assurer que les postes essentiels de l’UII sont pourvus. Ce n’est pas une bonne ni une mauvaise chose, c’est simplement notre réalité ici. Tout le monde est occupé en ce moment. Nous n’avons jamais été aussi occupés. »

Le 4 Régt (AG) et le 4 RAG se sont récemment joints à trois autres « éléments habilitants », fournissant notamment des capacités de soutien essentielles de renseignement, de surveillance et de génie, pour former la nouvelle Brigade d’appui au combat du Canada (BACC). Selon les deux officiers, il s’agit d’un changement positif.

« Je crois que c’est une bonne chose pour nous, soutient le Capt Cornish. Ça ne changera pas notre façon de faire les choses, mais l’intégration du 4 RAG au sein d’une brigade comptant d’autres éléments habilitants devrait accroître l’efficacité de notre instruction et nous permettre de nous améliorer en apprenant des autres unités. »

« Au fil du temps, nous avons rempli un grand nombre d’affectations et de tâches de renfort individuel, indique le Capt Bernhardt. Nous espérons maintenant être considérés comme une brigade à part entière, aux capacités uniques. Ainsi, si d’autres unités font appel à nous pour un travail précis, nous serons en mesure de l’effectuer plus efficacement. »

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